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Quels sont les éléments importants à prendre en compte avant de créer une société holding ?

Vous envisagez de créer une holding avec Dougs ? On vous explique dans cet article les éléments importants à prendre en considération !

Écrit par David Bernier

Une holding est une société qui détient des parts ou des actions d’autres sociétés, ses « filiales ». Bien utilisée, elle facilite la transmission, protège votre patrimoine et optimise la fiscalité du groupe. Mal calibrée, elle ajoute surtout des coûts. Voici les points à vérifier avant de vous lancer.

En bref

  1. Une holding est utile si votre activité est risquée ou transmissible. Sinon, ajouter l’activité de holding à l’objet social de votre société suffit souvent.

  2. Le rattachement des filiales se fait par cession ou par apport de titres, selon leur valeur.

  3. Les flux d’argent entre la holding et ses filiales (dividendes, rémunération, prêts) sont encadrés : parlons-en avant de les mettre en place (voir le point 5).


1. Les intérêts d’une holding

  • Organiser la transmission : il est plus simple de céder une holding que les titres de chaque société.

  • Cloisonner les risques : les difficultés d’une filiale ne se répercutent pas automatiquement sur les autres.

  • Améliorer la capacité de réinvestissement grâce au régime mère-fille : les dividendes que la holding reçoit de ses filiales sont exonérés d’impôt sur les sociétés à hauteur de 95 %. Tant que l’argent reste dans le groupe, il est très peu taxé.

  • Alléger la fiscalité d’une revente : quand la holding cède des titres de participation qu’elle détient depuis au moins 2 ans, seule une quote-part de 12 % de la plus-value est soumise à l’IS, soit une imposition d’environ 3 %. Sont notamment concernés les titres représentant au moins 5 % de la filiale.

Les conditions du régime mère-fille :

  • la holding et la filiale sont soumises à l’IS ;

  • la holding détient au moins 5 % du capital de la filiale ;

  • elle s’engage à conserver ses titres au moins 2 ans.

Vous pouvez en bénéficier dès la première distribution. L’avantage est remis en cause si l’engagement de conservation n’est pas respecté.


2. Créer une holding, est-ce toujours pertinent ?

Une holding est intéressante si l’activité de votre société opérationnelle est :

  • risquée : elle peut entraîner des coûts que la société ne pourrait pas rembourser ;

  • et/ou transmissible : elle ne repose pas uniquement sur votre travail et pourrait être reprise sans vous (procédé de fabrication, brevet, marque forte…). À l’inverse, une activité qui ne vaut rien sans ses dirigeants n’est pas transmissible.

Si votre activité n’est ni risquée ni transmissible, ajouter l’activité de holding à l’objet social de votre société actuelle est souvent amplement suffisant.

💡 Pour vous aider à décider, utilisez notre simulateur de création de holding.


3. Créer sa holding avant ou après ses filiales ?

Avant les filiales

Après les filiales

Avantages

Pas d’opération de cession ou d’apport à prévoir : la holding entre directement au capital des filiales à leur création

Vous vérifiez d’abord que vos sociétés fonctionnent, et elles ont le temps de dégager de la trésorerie

Inconvénients

Des coûts (comptabilité, obligations juridiques) avant que la holding ait un intérêt réel

Plus vos sociétés prennent de la valeur, plus leur rattachement peut coûter cher

En conclusion : si vous êtes certain de l’intérêt immédiat du montage, créez la holding d’abord. Sinon, laissez-vous le temps de voir comment fonctionnent vos sociétés opérationnelles.


4. Rattacher une société existante à la holding

Deux opérations sont possibles. Le choix dépend surtout de la valeur de la société à rattacher. Si votre société est déjà suivie chez Dougs, prenez un rendez-vous de valorisation avec notre service comptable.

La cession de titres

Cette opération est à privilégier si la société a peu de valeur ou si vous pouvez financer l’impôt sur la plus-value :

  • Vous créez d’abord la holding, puis vous lui vendez les titres de votre société.

  • La holding n’a pas besoin d’emprunter : le prix peut être inscrit en compte courant à votre nom, et vous être remboursé au fil du temps.

  • C’est une vente : votre plus-value est imposable (en principe au PFU de 31,4 %), et des droits d’enregistrement sont dus (voir le point 6).

L’apport de titres

Cette opération est à privilégier si la société a pris de la valeur :

  • Vous apportez vos titres à la holding, qui vous rémunère en titres de son propre capital.

  • La plus-value d’apport est déclarée, mais son imposition est reportée si trois conditions sont réunies :

    • la holding est soumise à l’IS ;

    • elle est établie en France ou dans l’Union européenne ;

    • vous la contrôlez.

  • 🚨 Le report prend fin (et l’impôt devient dû) notamment si :

    • vous cédez les titres de la holding reçus en échange ;

    • la holding revend les titres apportés dans les 3 ans, sauf si elle réinvestit au moins 70 % du prix dans les 3 ans dans une activité économique et conserve ces investissements au moins 5 ans (la gestion d’un patrimoine mobilier ou immobilier ne compte pas) ;

    • vous transférez votre domicile fiscal hors de France.

  • L’apport nécessite en principe l’intervention d’un commissaire aux apports, ce qui allonge les délais.

Avant toute opération ultérieure sur votre holding, consultez-nous pour vérifier que le report est maintenu.


5. Faire circuler la trésorerie dans le groupe

💸 De la filiale vers la holding

C’est la question que se posent la plupart des dirigeants : comment faire remonter dans la holding l’argent gagné par la filiale ? Trois mécanismes existent, mais ils n’ont pas le même niveau de sécurité :

  • Les dividendes : c’est la voie la plus simple et la plus sûre. Grâce au régime mère-fille (voir le point 1), ils remontent dans la holding presque sans impôt.

  • La rémunération de la holding dirigeante : la holding est nommée dirigeante de la filiale et rémunérée pour cette fonction. C’est possible si la filiale est une SAS ou une SASU, mais pas une SARL ou une EURL, dont le gérant est obligatoirement une personne physique. La holding doit diriger réellement la filiale, et la rémunération rester proportionnée.

  • Les management fees (prestations facturées par la holding) : uniquement si les prestations sont réelles et prouvables, distinctes du rôle de dirigeant, et si la holding a les moyens de les réaliser (notamment du personnel).

  • La sous-traitance : la holding facture à la filiale une prestation technique précise que celle-ci ne peut pas réaliser seule. Il faut une convention écrite et un prix conforme au marché.

  • La refacturation de frais : la holding refacture à ses filiales des frais engagés pour tout le groupe (logiciels, téléphonie, assurances…), au coût réel, en principe sans marge. Ce n’est pas une source de profit pour la holding, mais un partage de charges.

⚠️ Mal encadrés, la rémunération de la holding, les management fees et la sous-traitance exposent à des risques fiscaux et URSSAF importants. Dans la plupart des cas, en particulier si vous n’avez qu’une seule filiale, les dividendes restent la meilleure option. Sollicitez-nous avant de mettre en place un autre mécanisme.

👉 Conditions, risques et tarifs : tout est détaillé dans notre article Remontée de trésorerie de la filiale vers la holding : que faut-il savoir ?

🏦 De la holding vers la filiale

La holding prête de l’argent à sa filiale en compte courant d’associé, via une convention de compte courant qui fixe le taux d’intérêt. Ce prêt doit en principe être rémunéré, car un prêt sans intérêts pourrait être considéré comme un acte anormal de gestion. Nous vous conseillons de retenir le taux fiscalement déductible.

🔄 Entre filiales

Une convention de gestion de trésorerie permet des prêts directs entre sociétés du groupe, si la holding contrôle chacune d’elles (en principe plus de 50 % des droits de vote, ou plus de 40 % si aucun autre associé n’en détient davantage). La convention prévoit en général que ces prêts sont rémunérés et remboursables sur simple demande de la société prêteuse.

💡 Ces prêts ne font pas remonter définitivement la trésorerie : les sommes prêtées restent une dette et doivent être remboursées.


6. Combien ça coûte ?

Tout dépend des opérations de rattachement.

Montants HT :

Opération

Honoraires Dougs

Débours

Création de la holding

458,33 €

Greffe et annonce légale inclus

Traité d’apport

350 €

—

Commissaire aux apports

—

1 200 € avec notre partenaire

Cession d’actions (SAS, SASU)

150 €

0 € ; + 192 € si la société passe d’un à plusieurs associés (ou l’inverse) ; + 64 € si les bénéficiaires effectifs changent

Cession de parts (SARL, EURL)

350 €

30 € (un associé) ou 159 € (plusieurs) ; + 192 € si la société passe d’un à plusieurs associés (ou l’inverse) ; + 49 € si les bénéficiaires effectifs changent

Changement de dirigeant de la filiale

300 €

357 €

Valorisation de la société

Fixée par le service comptable

—

Droits d’enregistrement (payés au Trésor public) :

  • 0,1 % du prix pour une cession d’actions ;

  • 3 % pour une cession de parts sociales, après un abattement de 23 000 € réparti au prorata des parts cédées ;

  • 5 % pour une société à prépondérance immobilière ;

  • 25 € minimum, sauf si aucun droit n’est dû après l’abattement.

Exemple : création d’une holding par apport de titres avec notre commissaire partenaire = 458,33 + 350 + 1 200 = 2 008,33 € HT, hors valorisation.

Une question ? Écrivez-nous sur le tchat, nous restons disponibles.

À très vite chez Dougs ! 👋

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