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Quelles sont mes obligations en tant que mandataire social "assimilé salarié" ?

Les obligations d'un mandataire social assimilé-salarié concernent la rémunération, les cotisations sociales et la protection sociale.

Écrit par Jean-Baptiste Raffin-Mainardi
Mis à jour il y a plus d’une semaine

En tant que président ou DG assimilé salarié, devez-vous établir un bulletin de paie ?

Par définition, si vous êtes assimilé-salarié vous n’êtes pas salarié sous contrat de travail et vous n'êtes pas soumis à la législation du Code du Travail (horaires, convention collective, assurance chômage...), vous ne possédez pas le statut de TNS (travailleur non salarié) et vous êtes donc "assimilé salarié" de votre société. (N’oubliez pas de radier votre compte auprès du RSI si vous souhaitez vous affilier auprès du régime général).

Votre rémunération doit donc faire l'objet d'un bulletin de rémunération (appelé couramment bulletin de paie).

En conséquence, deux choix s’offrent à vous :

  • La rétribution par dividendes, prévue en assemblée générale (renseignements auprès des services juridique et comptable) ne nécessite pas de réaliser de bulletin de paie. Attention, si votre stratégie est de vous rémunérer sous forme de dividendes, vous ne générez aucun droit de protection sociale vous permettant de bénéficier du régime de Sécurité sociale et de retraite.

  • La rémunération brute (également prévue en assemblée générale), sous inscription au régime général, permettant de cotiser auprès de la Sécurité sociale (point 3 ci-dessous) et de valider vos trimestres de retraite (7212 euros brut annuels, a minima en 2026, soit 150 SMIC horaires pour valider 1 trimestre x 4). Ce choix impose la réalisation d’un bulletin de paie mensuel et des charges sociales qui y sont associées.

1 - La mutuelle et la prévoyance sont-elles obligatoires pour le mandataire social ?

La mutuelle est obligatoire pour tous les salariés depuis 2016, mais pas pour les mandataires sociaux.

Vous devez vous rapprocher de votre organisme de prévoyance frais de santé ou d’un courtier en assurances, afin de procéder à l’ouverture d’un contrat de frais de santé pour vos salariés. Vous pouvez également bénéficier du contrat collectif de mutuelle mis en place pour vos salariés.

En ce qui concerne la prévoyance (risques lourds), elle est obligatoire pour les salariés en fonction de leur convention collective et pour les mandataires sociaux qui sont cadres en raison de l’obligation de cotiser à 1,5% pour la prévoyance instituée par l’accord national des cadres de 2017. Ces derniers peuvent, s'ils le souhaitent, s'affilier à un contrat individuel, s'ils ne souhaitent pas (ou ne sont pas couverts) par le contrat collectif mis en place pour leurs salariés.

Demandez conseil à notre filiale Dougs Patrimoine et Assurances à ce sujet. C'est par ici.

2 - Quel salaire doit-il se verser pour valider un trimestre de retraite ?

Le salaire doit être au moins égal à 150 fois le SMIC horaire (soit 150 x 12,02 € = 1803 € brut en 2026) par trimestre civil pour valider un trimestre de retraite, soit 1803 x 4 = 7212 € bruts par an pour valider 4 trimestres (il faut que ces 7212 € soient répartis sur au moins 2 bulletins de paie). Ce qui revient à vous verser en moyenne un salaire de 601 € brut par mois. Nous préconisons donc un salaire à 601 € bruts minimum sur 12 mois, ou alors seulement 2 mois de salaire à 3.606 € chacun.

3 - Quel salaire doit-il se verser pour l'ouverture des droits auprès de la Sécurité sociale ?

Pour avoir droit au remboursement des frais médicaux (consultations, soins, examens, médicaments…), aucun volume minimum d’activité n’est requis : c’est le système de la PUMA, la protection universelle maladie.

Ps: Si vous ne prenez pas de salaire, vous pouvez bénéficier de la prise en charge de vos frais médicaux par le système de la PUMA. Mais attention, si vous avez des revenus du patrimoine importants (au moins 24.030 € nets imposables annuels en 2026), tels que des dividendes, vous êtes susceptible d’être redevable de la taxe PUMA.

4 - Quel salaire doit-il se verser pour percevoir les indemnités journalières (arrêt de travail, congé maternité / paternité, etc) ?

Les conditions liées aux droits aux indemnités journalières en cas d’arrêt de travail pour maladie dépendent de la durée de l’arrêt.

Si l'arrêt est inférieur à 6 mois :

  • vous devez avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois civils ou des 90 jours précédant l'arrêt de travail : cette condition est inapplicable à un mandataire assimilé-salarié puisqu’il n’a pas de temps de travail.

  • ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le montant du Smic horaire au cours des six mois civils précédant l'arrêt de travail (soit 12 200,30 € pour 2026) : le mandataire assimilé-salarié doit impérativement remplir cette condition dans tous les cas.

Si la durée de l'arrêt est supérieure à 6 mois (arrêt longue durée) :

Vous devez, à la date de votre arrêt de travail, justifier de 12 mois d'immatriculation en tant qu'assuré social auprès de l'Assurance Maladie :

  • et avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois civils ou des 365 jours précédant l'arrêt de travail ;cette condition est inapplicable à un mandataire assimilé-salarié puisqu’il n’a pas de temps de travail.

  • ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le montant du Smic horaire au cours des douze mois civils précédant l'arrêt de travail: le mandataire assimilé-salarié doit impérativement remplir cette condition dans tous les cas.

Si vous êtes en dessous de ces montants, vous n'êtes pas couvert par les IJSS et dans ce cas, nous vous conseillons de vous rapprocher de Dougs Assurances (ici) afin de trouver des solutions pour votre protection sociale.

5 - La visite médicale est-elle obligatoire pour le mandataire social ?

La visite d’information et de prévention remplace la visite d’embauche. Elle est obligatoire pour tous les salariés, mais pas pour les mandataires sociaux puisqu’ils ne relèvent pas du code du travail.

C’est donc seulement si vous embauchez des salariés sous contrat de travail que vous devez vous rapprocher de l'organisme de santé au travail proche de votre siège social ou du lieu de travail des salariés pour adhérer.

6 - La protection sociale du dirigeant

La rémunération du président de SAS ou de SASU

Le président de SAS ou de SASU est un mandataire social, il n’est donc pas visé par le salaire minimum obligatoire prévu par le code du travail. D’ailleurs, il est possible de prévoir que ses fonctions ne soient pas rémunérées. Toutefois,la rémunération a une incidence sur le niveau de protection sociale dont le président bénéficie au titre de son mandat.

Il ne bénéficie pas de la législation du travail, contrairement aux salariés (en matière de licenciement par exemple), ni de l'assurance chômage. Pour en bénéficier, le mandataire social doit cumuler son mandat avec un véritable contrat de travail, ce qui est rarement possible en pratique.

Suivant ce qu’il a été convenu par les associés fondateurs, les modalités de calcul de la rémunération du président sont fixées directement dans les statuts ou dans un acte séparé (PV d’AG notamment). Cette rémunération peut être composée d’un montant fixe, d’un montant variable, ou être à la fois composée d’un fixe et d’un variable.

Lorsque les statuts prévoient d’autres dirigeants au sein de la SAS ou de la SASU, notamment des directeurs généraux (DG) ils sont soumis aux mêmes règles que le président en matière de rémunération et de protection sociale.

En ce qui concerne la couverture de prévoyance (risques lourds : incapacité de travail, invalidité, décès), celle-ci dépend de la rémunération du dirigeant.

Pour pouvoir bénéficier d'un contrat collectif de prévoyance (au même titre que ses salariés), il faut que la rémunération du dirigeant soit au moins égale à 12.200,30 € bruts sur les 6 derniers mois (SMIC Horaire x 1015), soit en moyenne 2033,38 € bruts mensuels en 2026.

Ce plancher de rémunération permet de bénéficier des indemnités journalières de la Sécurité sociale, en cas d'incapacité temporaire de travail par exemple.

Le contrat collectif de prévoyance complète les indemnités journalières de la Sécurité sociale.

Si la rémunération du dirigeant est inférieure à ce montant plancher, il ne bénéficiera pas des indemnités journalières et donc le contrat collectif de prévoyance n'interviendra pas puisque la garantie complémentaire de l’assureur est adossée à la condition de percevoir les IJSS de la CPAM.

Dans ce cas, afin de bénéficier d'une couverture au titre de la prévoyance, il faut que le dirigeant s'affilie à un contrat de prévoyance à titre individuel qui couvre ses salaires + ses dividendes, indépendamment de la perception d’IJSS.

Si ce contrat à titre individuel est pris en charge à 100 % par la société, il passe sous la forme d'un avantage en nature sur le bulletin de paie.

Voilà, vous en savez désormais plus sur vos obligations en tant que mandataire social "assimilé salarié". N’hésitez pas à nous contacter sur le tchat, si vous avez encore des questions à ce sujet. Nous restons disponibles.

À très vite chez Dougs. 👋

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